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Le quasi-vainqueur et l’équipage festif terminent la McIntyre OGR

Le skipper Jean d'Arthuys, qui rêve de participer à la Whitbread Round the World Race depuis sa jeunesse, exprime une immense fierté pour ce qu'ils ont accompli. Crédit : Don McIntyre / OGR2023.

Triana et White Shadow terminent la McIntyre Ocean Globe Race à une heure d’intervalle.

Émotions et champagne inondent le ponton de Trinity Landing.

  • Triana FR (66), le plus petit voilier de l’OGR et presque vainqueur, ainsi que White Shadow ESP (17), célèbre pour son équipage festif, ont franchi la ligne d’arrivée au Royal Yacht Squadron avec seulement une heure et sept minutes d’écart, après une course épique de 7 000 milles et 48 jours.
  • Des scènes émouvantes se sont déroulées à Cowes, où familles, amis et autres équipages ont accueilli leurs héros de la circumnavigation.
  • Un succès doux-amer pour Triana, leader de longue date en IRC, qui a manqué de peu la médaille d’or de l’IRC au profit de l’équipage féminin britannique de Maiden (03), à une journée près.

Le ponton de Trinity Landing à Cowes était bien occupé mardi après-midi avec Triana FR (66), un SWAN 53, et White Shadow ESP (17), un SWAN 57, qui ont terminé la McIntyre Ocean Globe Race après 48 jours de course. Un peu plus d’une heure séparait les deux voiliers partis de Punta del Este pour la dernière étape de la course. Les deux voiliers sont arrivés chacun à leur manière mais unis dans l’émotion, le soulagement, la fierté et la certitude d’avoir accompli quelque chose d’extraordinaire.

La progression a été lente pour le Swan 53 français et le Swan 57 espagnol au cours des 36 dernières heures, avec parfois seulement 4 milles nautiques d’écart entre les deux bateaux. Les vents et les courants capricieux ont rendu leur arrivée frustrante et délicate pour les équipages désireux de boucler la boucle.

Mais, finalement, les Dieux du vent se sont montrés favorables aux circumnavigateurs qui étaient partis de Southampton le 10 septembre, soit 225 jours auparavant.

Triana, l’un des plus petits yachts de la flotte et avec seulement sept membres d’équipage, a impressionné de nombreuses personnes depuis le début de la course, se classant constamment parmi les premiers. Crédit : Aïda Valceanu / OGR2023

Triana, skippé par Jean d’Arthuys, a terminé son tour du monde à 16h25 UTC le 23 avril. L’un des plus petits voiliers de la flotte, avec seulement sept membres d’équipage, Triana a impressionné beaucoup de monde depuis le début de la course, se classant constamment en tête – jusqu’à la cruciale dernière étape de l’OGR. Malheureusement, malgré tous leurs efforts sur cette dernière étape, les conditions météorologiques les ont empêchés d’avancer. Après 48 jours de course, ils terminent 7e en temps réel et en IRC pour l’étape 4.

L’équipage très compétitif de Triana, dont le second, Sébastien Audigane, a déjà réalisé six passages du Cap Horn et détient le record Jules Verne, semblait bien parti pour remporter la médaille d’or IRC de la course grâce à une avance de sept jours à l’approche de l’étape 4. Mais la lenteur de la progression depuis le début de l’étape Punta del Este – Cowes, due à des vents forts et contraires, a permis à Maiden UK (03) de grignoter cette avance. Triana devait arriver le 22 avril au matin pour conserver son titre, mais ce ne fut pas le cas. L’équipage féminin de Maiden a été confirmé comme le vainqueur officiel de l’OGR. L’équipage de Maiden était sur le ponton de Trinity Landing pour accueillir Triana.

L’équipage ultra-compétitif de Triana, incluant le premier officier Sébastien Audigane, déjà six fois cap-hornier et détenteur du record de la Jules Verne. Crédit : Don McIntyre / OGR2023.

Triana avait fait la une des journaux quelques jours après le début de l’étape 1 lorsque, à 210 milles nautiques au sud-ouest du Portugal, un membre de l’équipage avait chuté et s’était lacéré la jambe. L’état du marin s’était détérioré au cours de la nuit et il avait été décidé qu’une évacuation était nécessaire. Une évacuation médicale par hélicoptère longue distance avait été effectuée avec succès le jour suivant et le membre d’équipage s’était complètement rétabli.

Le Swan 53 avait franchi la ligne d’arrivée au Cap en 8e position en temps réel et en 4e position en IRC. Ils étaient arrivés sans moteur, ce qui avait rendu l’accostage difficile après une longue course. L’étape 2 s’était améliorée, avec une 5e place en temps réél à Auckland et une 2e place en IRC. Mais c’est l’étape du Cap Horn qui s’était avérée la plus fructueuse pour Triana, se classant 4e en temps réel et 1er en IRC. C’est cette victoire qui leur avait permis d’aborder l’étape 4 en position de force.

Le skipper Jean d’Arthuys, qui rêvait de participer à la Whitbread Round the World Race depuis son plus jeune âge, exprime son immense fierté pour ce qu’ils ont accompli.

Nous sommes très fiers d’entrer dans le cercle des marins qui ont fait le tour du monde par les trois caps. C’était une course extraordinaire, et pour nous, c’est une aventure fantastique. Quand vous réalisez quelque chose qu’on vous avait dit impossible de faire et que vous le faites, il y a quelque chose de fondamental qui change en vous. Cette course va changer ma vie.

Jean d’Arthuys, skipper de Triana.
Accueil et session d’interview de l’équipe Triana au ponton.

Mais c’est cette dernière étape qui s’est avérée la plus difficile pour Triana. Pour un équipage habitué à suivre les voiliers plus grands et plus puissants de la flotte, il était mentalement très difficile de savoir que chaque heure signifiait que leur chance de remporter l’or au classement général de l’IRC s’éloignait.

À cette tension mentale s’ajoutait le fait qu’ils manquaient de nourriture et qu’ils avaient survécu avec de la soupe et des pâtes pendant les dernières semaines.

Peu après le champagne à bord de Triana, ce fut au tour de White Shadow d’être sous les feux de la rampe. Et peu de voiliers méritent autant ce coup de projecteur que l’équipage fantastiquement enthousiaste du Swan 57 espagnol.

La skipper de Maiden, Heather Thomas, a embarqué sur le semi-rigide pour accueillir l’équipe White Shadow à leur arrivée. Crédit : Aïda Valceanu / OGR2023.

Skippés par Jean-Christophe Petit, ils avaient franchi la ligne à 17:32 UTC, se classant 8e au classement général et 9e à l’IRC pour l’étape 4.

L’équipage international composé de Français, Espagnols, Argentins et Allemands n’a pas toujours été très bien classé, mais il a incarné l’esprit de l’OGR. Ils ont relevé le défi de faire le tour du monde par les trois grands caps et ont vécu l’aventure d’une vie tout au long de leur parcours. Cet esprit s’est exprimé par des chants et des danses sur la ligne d’arrivée, comme à l’accoutumée. L’équipage remportera sans aucun doute la première place au classement général pour la douche au champagne la plus impressionnante.

L’équipage international composé de membres venant de France, d’Espagne, d’Argentine et d’Allemagne n’a pas toujours été haut placé dans le classement, mais a incarné l’esprit de l’OGR. Crédit : Aïda Valceanu / OGR2023.

Jean-Christophe Petit, ému et rayonnant, a parlé de ce que la course a représenté pour lui et son équipage.

Il y a tellement d’émotions. Quand on navigue, on ne pense qu’au présent, à l’heure suivante, au lendemain, mais on ne pense jamais à ce qu’on est en train de faire. Et puis vous arrivez et vous réalisez que vous l’avez fait ! Nous avons fait le tour du monde. Lorsque je suis parti, je n’ai jamais pensé que dans huit mois je reviendrais, mais nous y sommes. C’est très, très émouvant. Nous avons quatre règles sur le bateau : les « 4 A » – Arrive, All, ASAP et Amigos. C’est ce que nous avons fait.

Jean-Christophe Petit, skipper du White Shadow.
Accueil et session d’interview de l’équipe White Shadow au ponton.

Les tweets de White Shadow ont été les plus philosophiques de toute la flotte, l’équipage exprimant souvent ses sentiments les plus profonds en 140 caractères ou moins. Ce n’est pas une tâche facile, mais cela leur a permis de gagner de nombreux fans à l’échelle internationale.

Lors de l’étape 1, ils sont arrivés au Cap en 9e et 8e position en IRC. Lors de l’étape 2, ils sont arrivés à Auckland en 11e position, à la fois en temps réel et en IRC, et ils ont assuré un divertissement musical en utilisant des ustensiles de cuisine à bord. Lors de l’étape 3, ils se sont classé 10e dans les deux catégories. C’est au cours de l’étape 3 que leur étai s’était rompu, déchirant leur grand-voile, ce qui les avait obligés à continuer avec une voile fortement réduite. Mais ils sont restés optimistes tout au long de ces épreuves.

L’étape 4 s’est avérée être la plus fructueuse, mettant la pression sur le voilier français Triana jusqu’à la fin. Mais pour cet équipage passionné, les expériences vécues au cours des huit derniers mois sur l’eau l’emportent de loin sur les classements.

Le champagne inonde le ponton de Trinity Landing. Crédit : Don McIntyre / OGR2023.

Galiana WithSecure et Evrika continuent de lutter contre des vents contraires légers en direction de Cowes et ont été complètement immobilisés pendant les dernières 24 heures, à seulement 45 miles de l’arrivée, ayant dû jeter l’ancre par 50 mètres de fond pour lutter contre les courants de marée de 3,5 mètres… Heure prévue d’arrivée mercredi 24 à minuit.

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