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Dans les Profondeurs des Cinquantièmes hurlants : Le Cap Horn en Vue

Le ciel gris n'entame pas la bonne humeur à bord de Pen Duick VI. On dit que les membres de l'équipage ont de la "lave" dans les veines, tant ils sont déterminés ! Crédit: Pen Duick VI / OGR2023/24

McIntyre Ocean Globe a Franchi le Point Nemo – Le Cap Horn à Seulement 1500 Miles !

  • La flotte plonge au cœur des mythiques Cinquantièmes hurlants, naviguant avec acharnement vers le Cap Horn, bénéficiant d’une météo étonnamment indulgente. Aucune tempête à l’horizon pour l’instant, mais la prudence reste de mise !
  • Le deuxième waypoint et le passage du Point Nemo ont été atteints et passés par la plupart des concurrents.
  • Après deux semaines de navigation intense et groupée, la flotte commence à se disperser. Pen Duick VI FR (14), Translated 9 ITL (09) et Maiden UK (08) se distinguent en tête du peloton. Toutefois, une baisse de régime se profile. La course est relancée, les positions peuvent-elles encore changer ?
  • Sterna SA (42) et Explorer AU (28) subissent à nouveau les effets des hautes pressions, mais un changement de vent favorable semble imminent.

La flotte du McIntyre Ocean Globe Brave les cinquantièmes hurlants Avec Bravoure

Alors que la flotte du McIntyre Ocean Globe navigue à travers les impétueux cinquantièmes hurlants, les équipages savourent chaque moment de cette aventure. Le 50ème parallèle sud, réputé pour son hostilité, se révèle surprenant : moins redoutable qu’anticipé. Certes, les marins ont affronté des vents de 30 nœuds, avec des pointes à 40, et des vagues de 6 mètres, sans oublier les embruns glaciaux qui imprègnent leurs cirés. Toutefois, certains s’interrogent : l’océan Austral est-il vraiment aussi redoutable que sa légende le prétend ? La prudence reste de mise car, comme on le dit souvent, il faut se méfier de ses vœux. Le Cap Horn, avec toutes ses éventuelles surprises, n’est plus qu’à 1500 milles. Jusqu’ici, et sur les 3000 derniers milles, tout comme dans l’Océan Indien du Sud lors de la deuxième étape, la navigation a été étonnamment aisée. Mais attention, les prévisions météorologiques ne prévoient-elles pas une grosse tempête à l’horizon ?

Encore une fois, c’est une lutte serrée entre Translated 9 et Pen Duick VI pour la tête du classement. Être en position de poursuivant semble conférer un avantage de vitesse ! Translated 9 mène le classement IRC, suivi de près par Pen Duick VI. Crédit : OGR2023/24 Translated 9

Après avoir franchi avec succès le second waypoint au 50ème degrés Sud, la majorité de la flotte a pris la décision stratégique de naviguer encore plus au sud, tirant avantage de vents favorables d’Est/Sud-Est soufflant à 20/25 nœuds, leur permettant de couvrir jusqu’à 200 milles par jour et plus. Cependant, dans une tournure inattendue, ce ne sont ni les mers capricieuses ni les tempêtes qui menacent leur progression, mais plutôt un anticyclone obstiné qui se dessine à l’horizon.

Deux semaines après le départ de la troisième étape à Auckland, la compétition est intense au sein de la flotte, évoluant dans des conditions décrites comme de la ‘voile au champagne’ durant la première semaine. Cependant, les bateaux de la classe Flyer ont récemment pris l’ascendant, s’emparant de la tête du classement général comme ils l’avaient fait lors des deux premières étapes. À l’instant où ces lignes sont écrites, le ketch français de 73 pieds, Pen Duick VI (14), mené par Marie Tabarly, est en tête, mais de justesse. Ils devancent de quelques milles seulement Translated 9 ITL (09), Maiden UK (08) et Spirit of Helsinki FI (71), qui réduisent progressivement l’écart. Cependant, un vent faiblissant ralentit désormais les leaders, offrant ainsi une chance aux concurrents poursuivants de rattraper le terrain perdu ces derniers jours.

Dans la compétition serrée du McIntyre Ocean Globe, Neptune FR (56), Triana FR (66), Galiana WithSecure FI (06) et White Shadow ESP (17) se tiennent au coude à coude dans le classement. L’Esprit d’équipe FR (85) gagne du terrain sur Outlaw AU (08), se trouvant désormais à seulement 20 milles nautiques. Evrika FR (07), naviguant le plus au nord, affronte les mêmes vents que le peloton et reste proche du milieu du classement.

Le dynamique Swan 53 français, Triana (66), a récemment cédé la première place du classement IRC à Translated 9 après avoir franchi le deuxième point de passage. Sous la houlette de Jean d’Arthuys, Triana, malgré sa taille modeste par rapport aux autres voiliers, a dominé en handicap IRC pendant plus d’une semaine. Maintenant en deuxième position, il reste un concurrent sérieux à surveiller. Tapio Lehtinen, skipper expérimenté de la Golden Globe Race, mène le Swan 55 Galiana WithSecure FI (06) à la troisième place en IRC, suivi de près par Maiden.

L’équipage de Triana, engagé et concentré, s’octroie quelques minutes essentielles pour peaufiner sa tactique. Cette pause stratégique n’est pas anodine, puisqu’elle contribue à leur excellente deuxième place en IRC. Cet esprit d’équipe et cette détermination se reflètent dans leurs performances remarquables. Crédit : OGR2023/24 Triana / Margault Demasles

La flotte a également marqué un exploit notable en passant le Point Nemo (48°52.6′ Sud 123°23.6′ Ouest), le lieu le plus isolé de l’océan Austral. C’est un jalon rare et prestigieux que peu de marins peuvent se targuer d’avoir contourné et les équipages de l’OGR peuvent justement en être fiers.

Célébrant ce passage, l’équipage finlandais de Spirit of Helsinki, actuellement quatrième au classement, a partagé son enthousiasme : Bonjour POINT NEMO ! Chez nous, les Finlandais, on aime les distances ! Nous fêtons cela avec des gâteaux au chocolat et des vents de sud-ouest.

Poursuivant sur cette joyeuse lancée, ils ont ajouté : Une journée de surf extraordinaire. Un record de 237 milles en 24 heures et d’autres exploits à venir. Nous profitons pleinement de l’océan Austral et de ses vagues somptueuses. Ces performances exceptionnelles ne manquent pas de faire réfléchir les autres concurrents engagés dans cette compétition acharnée.

Galiana With Secure, bateau finlandais également, partageait son expérience à 160 milles nautiques au sud-ouest du Point Nemo, un lieu symbolique. Le point le plus proche est l’Antarctique, suivi de l’île de Pâques et des îles Chatham, à plus de 2000 milles marins ont-ils partagé. Tapio, le skipper, a ajouté avec humour : Aujourd’hui, j’ai perdu mon troisième fanion d’albatros fixé en tête de mât de Galiana WithSecure. Les premiers sont tombés avec Asteria puis lors d’un démâtage. Le coût des pertes diminue.

“Le skipper Tapio, accompagné de son équipage, est de plus en plus préoccupé par les changements environnementaux observés en mer. Malgré leur vigilance, ils attendent toujours de rencontrer les vents puissants et les mers tumultueuses caractéristiques de l’océan Austral, un signe inquiétant de l’évolution du climat dans ces régions reculées. Ce constat souligne l’urgence d’une prise de conscience globale sur les enjeux environnementaux. Crédit : OGR2023/24 Galiana WithSecure

Le skipper vétéran de la Golden Globe Race ne cache pas sa déception face au manque de vie marine observé depuis le départ de Nouvelle-Zélande. Lors de son appel satellite hebdomadaire, il a exprimé son étonnement face aux conditions météorologiques inhabituellement clémentes.

‘Il est surprenant de constater la légèreté des vents. Moins de 2000 milles nous séparent du Cap Horn dans l’océan Austral, et nous n’avons pas encore expérimenté un seul coup de vent significatif ou de grosses vagues. Nos meilleurs surfs ont été réalisés au début de la première étape. Nous aspirons à rencontrer un système dépressionnaire robuste, avec de bonnes conditions de surf et des vents forts. Notre grand-voile est équipée de quatre ris, mais le quatrième n’a jamais été utilisé et le troisième seulement une fois. La navigation est facile et agréable, mais elle diffère de ce que nous attendions de l’océan Austral’, a confié Tapio, soulignant ainsi une réalité inattendue et peut-être préoccupante de ces eaux mythiques.”

Cette version améliorée vise à capturer l’essence des observations du skipper, tout en soulignant l’écart entre les attentes et la réalité actuelle de la navigation dans l’océan Austral.

L’équipage d’Outlaw, le yacht australien, a fait bien plus que simplement franchir les waypoints obligatoires de l’OGR et le Point Nemo cette semaine. Ils ont également célébré l’Australia Day avec enthousiasme et originalité.

Nous avons franchi le deuxième waypoint et nous sommes remontés de quelques degrés pour nous repartir vers le sud en direction du troisième waypoint, à  53S, passant au sud du Point Nemo, a partagé l’équipage d’Outlaw sur Twitter. Cambell Mackie, le skipper, a animé la journée avec une touche typiquement australienne, en incluant un peu d’alcool, des peintures de guerre aux couleurs nationales – jaune et vert – sur les visages, et des gâteaux de Noël, apportant une note festive à bord en plein océan.

De nombreuses raisons de célébrer à bord d’Outlaw cette semaine : franchissement du Point Nemo, célébration de la fête nationale australienne et enregistrement de vitesses impressionnantes ! Crédit : OGR2023/24 Outlaw/Spirit of Adelaide.

Sterna SA (42) et Explorer AU (28) ont vécu une semaine de contrastes marqués, naviguant au travers d’un système de haute pression qui a ralenti leur progression après les avancées significatives réalisées plus tôt. L’équipage de Sterna a fait preuve d’une grande diligence, s’attelant à une série de tâches d’entretien cruciales, notamment la réparation de leur dessalinisateur et l’installation d’un nouveau mât pour la trinquette, démontrant ainsi leur polyvalence et leur engagement envers la maintenance de leur monture.

De son côté, l’équipage d’Explorer AU a momentanément délaissé ses activités culinaires, traditionnellement appréciées, pour se focaliser entièrement sur les défis de navigation. Les gants de cuisine et la confection de truffes ont été mis de côté, témoignant de leur adaptabilité et de leur concentration totale sur les stratégies de course et la gestion des conditions météorologiques changeantes.

L’équipage de Sterna, toujours aussi résilient et ingénieux, a fait preuve d’une remarquable adaptabilité en mer. Le skipper Jeremy Bagshaw, armé de sa meuleuse d’angle, a relevé le défi de confectionner un nouveau mât de trinquette, démontrant ainsi une impressionnante maîtrise de l’art de la réparation en situation critique. Une preuve de plus que l’esprit d’innovation et la débrouillardise sont des atouts précieux en haute mer. Crédit : OGR2023/24 Sterna / Allspice Yachting.
Catheryne plonge dans l’expérience pratique à bord d’Explorer en testant sa combinaison d’immersion. Cette étape cruciale assure sa préparation et sa sécurité en cas d’urgence en mer. Un moment captivant qui souligne l’importance de l’équipement de survie dans les conditions exigeantes de la navigation en haute mer. Crédit : OGR2023/24 Explorer.

L’équipage d’Explorer a apporté une touche d’humour à leur navigation intense : L’apparition d’un quatrième spinnaker différent en 24 heures nous fait nous demander si nous sommes vraiment en compétition ou simplement indécis, ont-ils partagé sur Twitter. Alors qu’ils visent à franchir le Cap Horn d’ici la mi-février, l’équipage reste concentré, espérant ne pas succomber aux distractions, même celles d’un réfrigérateur tentant.

Entre-temps, White Shadow semble avoir endossé le rôle de chef de la flotte culinaire. La boulangerie White Shadow est en action ! Nous sommes l’équipage le plus réduit, le plus actif et le plus isolé du monde. Aujourd’hui, c’est gâteau au chocolat pour le petit-déjeuner, ont tweeté les marins espagnols, apportant une touche de gaieté dans leur aventure maritime.

Pendant ce temps, à Punta del Este, l’équipe de l’OGR a pris ses quartiers sous un soleil radieux, accueillie chaleureusement par les membres de son prestigieux Yacht Club. Sur la plage, les serviettes sont déployées, les chaises longues alignées, et les steaks grillent sur l’asado, dans l’attente joyeuse de l’arrivée de la flotte, en espérant qu’elle atteigne sa destination en toute sécurité.

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